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10 ans de mfe

Un symposium de médecine de famille portant un regard sur le passé et sur l’avenir

DOI: https://doi.org/10.4414/phc-f.2019.10158
Date de publication: 06.11.2019
Prim Hosp Care Med Int Gen. 2019;19(11):333-335

Sandra Hügli

Responsable de la communication de mfe Médecins de famille et de l’enfance Suisse

En septembre 2009, une équipe engagée de médecins de famille et de l’enfance a fondé l’association «Médecin de famille Suisse». Exactement 10 ans plus tard, comme cadeau d’anniversaire et point culminant de la campagne du jubilé longue d’une année, a eu lieu le 26 septembre à l’Hôtel de ville de Berne le premier symposium de politique sanitaire de l’association. mfe Médecins de famille et de l’enfance Suisse, comme elle s’appelle désormais, a de nombreux succès à célébrer, mais encore plus de raisons de regarder ensemble et avec confiance vers un avenir actif et, espérons-le, couronné de succès.

La formule d’une Suisse en bonne santé

Plus de 180 participants ont répondu présents à l’invitation de mfe. Sous le signe de la campagne électorale, le thème «La formule d’une Suisse en bonne santé» se révèle plus brûlant que jamais. Chaque parti, presque tous les candidats et candidates se positionnent avec des solutions miracles autour du système de santé «malade». En tant qu’association des médecins de famille et de l’enfance, notre objectif était de mener, dans le cadre de ce symposium, une autre discussion – de manière compétente, non conventionnelle et surtout approfondie. Une chose est claire: La Suisse possède l’un des meilleurs systèmes de santé au monde, à savoir pour tous et non réservé à une minorité. Cela doit absolument être maintenu et aucune solution prête à l’emploi à court terme ne sera par conséquent efficace, mais uniquement des ­solutions mûrement réfléchies et à long terme. Ce que nous, médecins de famille et de l’enfance, savons ­depuis longtemps a été rappelé aux participants de ce symposium: Un système de santé abordable et de haute qualité passe obligatoirement par une solide médecine de famille!

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Plus de 180 invités à l’hôtel de ville de Berne.

Parmi les nombreux invités et conférenciers se trouvait la conseillère nationale, médecin de famille et «première citoyenne de Suisse» Marina Carobbio. Malgré la session en cours, la Présidente du Conseil national n’a pas manqué l’occasion de s’adresser aux participants en célébration. Deux autres médecins de famille au Conseil national étaient aussi présents: Angelo Barrile et Pierre-Alain Fridez. Le directeur de la partie le directeur de l’OFSP, la FMH représentée par son président et deux membres du comité, la SSMIG (présidence et administration) en tant que cofondatrice de mfe, les JHaS (présidence), la FMCH (président), Médecin de l’enfance Suisse (présidence), l’ASSM (président), santésuisse (directrice), la Conférence suisse des directeurs cantonaux de la santé, l’Association des Communes, pharmasuisse, swimsa, les instituts de médecine de famille de Genève, Lausanne et Bâle, les lignes de la santé, les Spitex, l’association professionnelle des infirmières et infirmiers (ASI), de nombreux médecins cantonaux, des hommes et femmes politiques cantonaux ainsi que des représentants d’assurances et de partis politiques etaient egalement de la partie.

Lors de leurs interventions, la Présidente du Conseil national et les deux conseillers nationaux ont souligné la pertinence de l’engagement politique du corps médical. Ce dernier continue d’avoir bien trop peu d’influence sur les décisions politiques par rapport à son rôle significatif au sein de la population. Ceci doit changer. Davantage de médecins – si possible issus de divers partis – doivent s’investir dans la politique, et ce, en complément et renforcement essentiels de l’engagement des associations de politiques sanitaires telles que mfe.

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Marinna Carobbio, la Présidente du Conseil national et 
médecin de famille.

Aperçu du système de santé danois

Le professeur invité Roar Maagaard d’Aarhus, a fait découvrir au public le système de santé danois. Il repose sur un «gate-keeping» rigoureux assuré par les médecins généralistes. L’accès direct aux spécialistes s’avère impossible, l’accès direct aux hôpitaux uniquement dans de rares cas d’urgence. Les GPs (general practitioners) sont indépendants, perçoivent environ un tiers de leur salaire comme montant fixe et facturent les deux tiers restants sous forme de prestations individuelles. La prise en charge sanitaire est gratuite pour les patients et, mesurée au produit national brut, un peu moins onéreuse qu’en Suisse. Au Danemark, les GPs jouissent d’une bonne réputation. Ils sont, d’une part, les interlocuteurs primaires pour toutes les questions de santé et, d’autre part, peuvent en grande ­partie résoudre celles-ci de manière autonome – tout comme nous en Suisse. La durée de la formation postgraduée des GPs a été accrue et mise au même niveau que celle des spécialistes. De même, les salaires ont été ajustés à ceux des spécialistes. Ce modèle à succès nous encourage aussi à améliorer durablement les conditions-cadres pour les médecins de famille et de l’enfance en Suisse.

Un podium prestigieux

Le podium de discussion politique a été animé par Marc Müller, cofondateur et Président de nombreuses années de mfe, et a tourné autour des thèmes de prise en charge, du besoin des patients, de l’interprofessionnalité, de la prévention et des coûts. Cette table ronde a réuni Heidi Zinggeler Fuhrer, vice-présidente de mfe, Yvonne Gilli, membre du comité central de la FMH, Yvonne Ribi, directrice de l’ASI, Philomena Colatrella, CEO de la CSS, Pascal Strupler, ­directeur de l’OFSP, ainsi que Jörg Kündig, membre du comité de l’Association des Communes Suisses. La ­discussion passionnante et animée a montré que les ­médecins de famille et de l’enfance doivent clairement ­représenter les positions des patients dans le contexte politique – personne d’autre ne connaît mieux leurs besoins et la voix des patients est en outre trop faible dans les discussions actuelles, l’accent étant uniquement mis sur les finances. Un autre facteur mentionné à plusieurs reprises: On continue d’accorder trop peu d’importance à la prévention. Certes, divers projets ­nationaux et cantonaux vont dans cette direction, les assurances maladie ont entre-temps découvert ce thème et le traitent individuellement. Mais ce qui est recherché et promu ici est une large acceptation des activités préventives et qu’elles soient valorisées et rémunérées en conséquence; car il s’est encore avéré qu’à long terme, cela entraîne une réduction des coûts dans d’autres domaines.

Médecine de famille 2030

Ensuite, Regula Kronenberg (Présidente des JHaS, pour les jeunes), Johanna Sommer (UIGP, pour l’enseignement), Andreas Zeller (IHAMB, pour la recherche) et Philippe Luchsinger (mfe, pour la politique) ont présenté leurs visions personnelles du cabinet de médecine de famille en 2030. De manière intéressante, leurs visions renvoient à la conférence d’introduction «Modèle danois». La liste de souhaits des médecins de famille et de l’enfance pour l’avenir est en partie déjà ­réalité au Danemark:

– Conditions de travail attractives avec de la place pour la famille;

– Accent mis sur le travail auprès du patient et moins sur les tâches administratives;

– Médecin de famille perçu en tant qu’enseignant passionné et pédagogue avisé;

– Médecin de famille perçu en tant que chercheur novateur et engagé;

– Médecin de famille perçu en tant que spécialiste pour les questions de politiques sanitaires.

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Philippe Luchsinger, président mfe.

L’article sur le symposium serait incomplet sans mentionner le rôle porteur de François Héritier, membre fondateur et vice-président de mfe, qui a animé les visions finales relatives à la médecine de famille en 2030, l’un de ses thèmes préférés. Le symposium venait non seulement clôturer l’année anniversaire, mais aussi «l’ère Héritier» au comité de mfe. Sa nature incomparable, ses discours émotionnels avec lesquels il savait susciter l’enthousiasme pour la médecine de famille nous manqueront beaucoup.

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François Héritier, vice-président mfe.

Pour apporter une conclusion mémorable à François et au symposium, tous les invités ont entonné «Happy Birthday to nous»; un moment chargé d’émotions qui a touché toutes les personnes présentes. En bref: un toast à la médecine de famille de l’avenir et à un système de santé dont nous pouvons être fiers. C’est ce à quoi s’engageront activement mfe et ses 4800 membres pour les dix prochaines années.

Des impressions et un court-métrage sur la formule des partis pour une Suisse en bonne santé se trouvent sur: http://symposium.hausaerzteschweiz.ch/gallery/index.html

Visions pour la médecine de famille

• Le patient est l’expert de sa maladie.

• Le médecin de famille est au cœur de la prise en charge sanitaire.

• Le système de santé de l’avenir répond au principe «optimal au lieu de maximal».

• La médecine de famille incarne une médecine de qualité, pertinente, ­efficace et proche du patient.

Responsabilité ­rédactionnelle:
Sandra Hügli, mfe

Crédits

Buchli Fotografie, Sam Buchli

Adresse de correspondance

Sandra Hügli-Jost
Responsable communication, mfe – Médecins de famille et de l’enfance ­Suisse
Secrétariat général
Effingerstrasse 2
CH-3011 Berne
Sandra.huegli[at]medecinsdefamille.ch

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