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Voici les gagnants!

Prix de la recherche et «Early ­Career Prize» CMPR 2021

DOI: https://doi.org/10.4414/phc-f.2021.10378
Date de publication: 31.03.2021
Prim Hosp Care Med Int Gen. 2021;21(04):113

Fabian Egli

Responsable Communication CMPR

En 2021 également, le Collège de médecine de premier recours (CMPR) a à nouveau récompensé deux travaux de recherche remarquables en médecine de premier recours avec le Prix de la recherche et le «Early Career Prize». Par le biais de ces deux prix, le CMPR souhaite continuer à promouvoir de façon ciblée (sur le plan conceptuel et financier) la recherche en médecine de famille et de l’enfance.

Tous les travaux et protocoles de recherche soumis ont été présentés au jury indépendant du Prix de la recherche CMPR, qui les a étudiés de façon approfondie, en a débattu et a finalement désigné les deux lauréats sur la base de critères d’évaluation déterminés conjointement.

Dans les lignes qui suivent, vous découvrirez qui sont les lauréats, quels sont les titres de leurs travaux et de quoi ils traitent au juste. Nous vous souhaitons une bonne lecture.

Lauréat Prix de la recherche CMPR 2021

Titel: «Self-Reported Loss of Smell and Taste in SARS-CoV-2

Patients: Primary Care Data to Guide Future Early Detection

Strategies» de Benoit Tudrej, Paul Sebo, Julie Lourdaux, Clara ­Cuzin, Martin Floquet, Dagmar M. Haller, Hubert Maisonneuve

Résumé

Au début de la pandémie, les tableaux cliniques observés chez les patients dans nos cabinets différaient de ceux décrits dans les ­publications, issues essentiellement de milieux hospitaliers. Pour mieux définir la présentation clinique typique en médecine de ­famille, nous avons donc analysé, entre mars et mai 2020, les ­tableaux cliniques présentés par plus de 1500 patients adressés par leur médecin généraliste pour une RT-PCR dans des laboratoires ambulatoires. A cette époque, à cheval entre la fin de l’épidémie grippale et le début des pathologies allergiques saisonnières, nous avons observé une grande hétérogénéité des tableaux ­cliniques et des différences selon l’âge et le genre. Les symptômes tels que la toux ou la fièvre étaient fréquemment rapportés mais pas du tout typiques de l’infection par SARS-CoV2. En revanche, notre équipe a été parmi les premières à confirmer le lien entre l’infection par SARS-CoV2 et l’anosmie et/ou l’agueusie (OR ajusté=6.3) chez les patients consultant en médecine générale.

Lauréat «Early Career Prize» CMPR 2021

«Trends and Between-Physician Variation in Laboratory Testing: A Retrospective Longitudinal Study in ­General Practice» de Levy ­Jäger et al.

(«Tendances temporelles et variabilité des analyses de laboratoire dans la médecine de famille»)

Abstract

Contexte: Les tests de laboratoire font partie des procédés diagnostiques les plus fréquemment utilisés dans la médecine de ­famille et pourtant, les évolutions temporelles et la variabilité de leur utilisation ont été peu étudiées. Cette étude avait dès lors pour objectif d’analyser les fréquences de prescription des analyses de laboratoire dans la médecine de famille suisse.

Méthodes: Dans cette étude observationnelle longitudinale ­rétrospective, nous avons analysé plus de 6 millions de consultations impliquant 574 803 patients et 389 médecins de famille suisses de la banque de données FIRE pour la période 2009–2018. Nous avons défini des fréquences de prescription spécifiques à l’échelle des consultations individuelles pour les 15 tests de laboratoire les plus fréquemment enregistrés et avons modélisé leurs tendances temporelles ajustées pour l’âge et le sexe des patients au moyen d’une régression logistique hiérarchique. La variabilité des fréquences de prescription à l’échelle des médecins de famille a été quantifiée par le biais des corrélations intra-classes (CIC) pour ces 15 tests de laboratoire.

Résultats: Neuf des 15 tests de laboratoire évalués ont montré une augmentation temporelle significative au cours de la période d’observation; les augmentations les plus prononcées concernaient la vitamine D (Odds Ratio [OR] sur 10 ans 1,87, intervalle de confiance [IC] à 95% 1,82–1,92), l’hémoglobine glyquée (OR sur 10 ans 1,87, IC à 95% 1,82–1,92) et la protéine C réactive (OR sur 10 ans 1,55, IC à 95% 1,52–1,58). La variabilité la plus élevée à l’échelle des médecins de famille a été constatée pour la glycémie (CIC 0,231), la protéine C réactive (CIC 0,202) et la vitamine B12 (0,166).

Conclusion: Les augmentations temporelles et variabilités relativement élevées qui ont été démontrées montrent une inconsistance dans la prescription des différents tests de laboratoire dans la médecine de famille, ce qui pourrait en particulier suggérer une surutilisation potentielle. Nos résultats forment ainsi la base pour des initiatives supplémentaires visant à mieux comprendre et ­finalement réduire la variabilité disproportionnée au niveau des analyses de laboratoire dans la médecine de famille.

Responsabilité ­rédactionnelle:
François Héritier, CMPR

Adresse de correspondance

Collège de médecine de premier recours CMPR
Rue de l’Hôpital 15
Case postale 592
CH-1701 Fribourg

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